Assemblée nationale du Québec

Benoit Charette
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Nouvelles

20 octobre 2010
Projet de loi 115 sur les écoles passerelles: « Un projet de loi méprisant pour la langue française et notre peuple » - Benoit Charette

Dans le cadre du débat sur le projet de loi 115, adopté sous le bâillon imposé par le gouvernement Charest, le député Benoit Charette s’est levé en Chambre pour dénoncer une démarche empreinte de mépris.

« Nous sommes aujourd'hui [18 octobre] abusivement convoqués en cette Chambre pour débattre d'un projet de loi inique, injuste et inéquitable. […] Il est malheureux que ce gouvernement ait intégré en lui-même la propagande anglo-canadienne qui n'a pour objectif que de nous faire sentir coupables seulement d'exister. Il est indigne, car il fait de la fortune le critère pour échapper à l'esprit de la loi 101 », a tonné le député de Deux-Montagnes à l’Assemblée nationale.

« Avec l'Acte d'Union de 1840, Londres décrétait l'interdiction de l'utilisation du français dans la Chambre d'assemblée. Puissent ces paroles héroïques de Louis-Hippolyte La Fontaine nous inspirer. Il dit: «... je n'en ferais pas moins mon premier discours dans la langue de mes compatriotes canadiens-français [...]. Je le dois à mes compatriotes, je me le dois à moi-même.» Ce projet de loi ne peut être que funeste, appuyé qu'il est sur un jugement bancal, dicté au mépris de notre Assemblée nationale, au mépris du français, au mépris du peuple que nous représentons », a poursuivi M. Charette.

Irresponsable et irrespectueux

Selon ce dernier, Jean Charest a une fois de plus agi de manière gravement irresponsable et irrespectueuse. « En utilisant le bâillon afin de faire adopter un projet de loi sur un sujet aussi fondamental que la langue française, le gouvernement libéral a franchi une ligne qu’aucun gouvernement du Québec n’a osé franchir avant lui. C’est un terrible coup porté à la langue française. Il n’y a pas de mot assez fort pour témoigner de notre indignation », commente le député.

Il rappelle que le projet de loi 103, déposé au dernier jour de la session du printemps dernier, a fait l’unanimité contre lui et la vaste majorité des intervenants qui ont témoigné lors des consultations l’a vigoureusement rejeté et combattu. « Le gouvernement de Jean Charest a préféré faire fi de ce mouvement de contestation populaire et se plier au diktat de la Cour suprême du Canada en balayant le consensus établi par l’Assemblée nationale autour de la loi 104 en 2002. Cet acte est irresponsable pour l’avenir du français au Québec. En présentant le projet de loi 115, le gouvernement agit en catimini au lieu de chercher à établir des consensus et de se plier à la volonté de la population. D’ailleurs, les critiques négatives contre le gouvernement Charest dans ce dossier ne cessent de s’élever d’heure en heure. Il a méprisé les parlementaires, mais aussi l’ensemble de la société civile », déplore-t-il.

La seule solution : assujettir les écoles privées non subventionnées à la Charte de la langue française

« Alors que tous les chiffres et indicateurs linguistiques font craindre une anglicisation du Grand Montréal, le gouvernement Charest a fait le choix du parcours authentique et de passer outre l’avis du Conseil supérieur de la langue française en permettant à des parents qui en ont les moyens financiers de pouvoir acheter à leurs enfants le droit à l’enseignement en anglais dans les écoles subventionnées du Québec. Cette décision

est inacceptable et profondément injuste, car elle va à l’encontre de tous les principes d’égalité devant la loi. Le gouvernement aurait dû assujettir les écoles privées non subventionnées à la Charte de la langue française, comme l’a recommandé le Parti Québécois et comme le lui recommandent le Conseil supérieur de la langue française ainsi que de très nombreux groupes. Il devra donc vivre avec les conséquences de son choix », conclut Benoit Charette.

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