


À quelques jours de la fin de la consultation sur la planification de l’immigration, le député de Deux-Montagnes, Benoit Charette, a présenté le fruit de sa réflexion et proposé des améliorations. Il propose, notamment, de réduire temporairement le nombre d’immigrants à accueillir annuellement, afin de permettre une révision complète du mode de sélection, d’accueil et d’intégration.
Cette consultation, menée par la Commission des relations avec les citoyens depuis mai dernier, s’est attardée à la planification de l’immigration pour la période 2012-2015. «En mai 2010, rappelle M. Charette, le Vérificateur général du Québec a rendu public un rapport extrêmement sévère portant sur la sélection par le Québec des immigrants travailleurs qualifiés. On peut résumer ses constats par improvisation, cafouillage et manque de moyens. La consultation s’est avérée utile, et souhaitons que le gouvernement s’inspire des recommandations entendues afin d’améliorer ses façons de faire», a-t-il souligné.
Près d’une soixantaine de groupes et individus ont déposé un mémoire qu’ils ont pu présenter en commission parlementaire. Le député de Deux-Montagnes a d’abord participé aux travaux de la commission comme porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Immigration, puis comme député indépendant, car il estime que ce dossier est d’une importance capitale pour le Québec.
Le député Charette a indiqué que le Québec a accueilli près de 441 000 immigrants au cours de la dernière décennie. En 2010 seulement, 53 985 immigrants ont été admis au Québec, ce qui représente un nombre d’admissions record et une augmentation de 66 % par rapport à l’année 2000. Pendant ce temps, les budgets dédiés à la sélection, l’accueil et l’intégration des immigrants n’ont pas suivi et les difficultés d’intégration en emploi demeurent bien réelles. En 2005 à titre d’exemple, les immigrants constituaient 44,3 % des prestataires d’aide de dernier recours; cette proportion est passée à 47 % depuis 2009.
« Les immigrants eux-mêmes sont les premières victimes d’une politique d’immigration mal planifiée. À la base du processus d’immigration, il y a le rêve d’un avenir meilleur. Ce rêve est trop souvent brisé par la réalité qui rattrape les immigrants à leur arrivée au Québec », estime le député de Deux-Montagnes.
Des propositions
Le député de Deux-Montagnes a formulé des propositions qui font suite au rapport du Vérificateur général et aux recommandations formulées dans le cadre de la consultation publique sur l’immigration :
«Plusieurs de ces propositions peuvent être supportées par la fonction publique, sans véritable coût supplémentaire pour le gouvernement. La réduction temporaire du nombre d’immigrants à accueillir favoriserait une transformation des modes de sélection, d’accueil et d’intégration des immigrants, et ce, sans ajouter de pression supplémentaire sur les acteurs qui auront à mettre en place et à appliquer ces importantes réformes », a conclu M. Charette, tout en offrant son entière collaboration à la ministre Kathleen Weil pour établir la prochaine planification de l’immigration qui découlera de la consultation.