Assemblée nationale du Québec

Benoit Charette
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Forum citoyen

I. Otis
16 mai 2011 à 10:15

Poser un premier geste

Monsieur le député, Puis-je vous dire que je n’ai pas trouvé drôle d’apprendre, par des articles de journaux, que le gouvernement payait les déficits actuariels des caisses de retraite des employés municipaux des villes de Montréal et de Québec ? La Ville de Montréal a obtenu une entente de 460 millions de dollars pour couvrir le remboursement du déficit actuariel de sa caisse de retraite et la Ville de Québec recevra la rondelette somme de 32 millions de dollars d'ici 2027, si ce n’est pas plus. J’aimerais vous rappeler qu’avec la nouvelle entente syndicale négociée en juin 2010, le gouvernement fera des économies de 200 millions non récurrents et 13 millions récurrents, 460 millions économisés sur 20 ans. Il fallait bien trouver l’argent quelque part. Suis-je la personne retraitée qui paie les déficits actuariels des grandes villes ? Est-ce que je paie pour l’insouciance des administrateurs municipaux ? J’en ai bien peur avec tous les scandales dont j’entends parler. Les retraités des secteurs public et parapublic ont servi de vache à lait depuis 1982. Sous le prétexte du vieillissement de la population, le gouvernement a désindexé les rentes des retraités de 3 %. Il se garde bien de démystifier la légende urbaine voulant que « les jeunes vont payer pour les vieux ». Au contraire, il l’alimente et la propage. Cette idée est tellement ancrée dans la population que la moindre tête grise égale « coûts » pour la population qui croit qu’elle paiera pour elle. Le nouveau tsunami québécois est l’arrivée des baby-boomers à la retraite qui vieilliront, bien sûr. Le gouvernement est-il conscient que les personnes retraitées des secteurs public et parapublic qui ont cotisé de 1982 à 1999 vivent la plus grande débâcle financière jamais vue chez les retraités ? Pire encore que les Earl Jones et les Lacroix. Pire parce que ce fut insidieux, personne n’ayant informé les cotisants des conséquences à long terme d’une telle mesure. Pire, car nous sommes très nombreux à vivre cette situation. 29 ans sont passés. Les députés actuels sont-ils solidaires de la décision de 1982 ? Sinon, ils doivent poser un premier geste : celui de consacrer les prochains 460 millions d’économies réalisées par l’entente syndicale de juin 2010 à la revalorisation et à la réindexation des rentes de retraite. Soyez assurés que l’inaction correspond à « OUI, je suis solidaire de la décision de 1982 ». Il n’y a aucune autre interprétation possible. Veuillez agréer, Monsieur le député, mes meilleures salutations.

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