Assemblée nationale du Québec

Benoit Charette
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Blogue

20 novembre 2011
L'urgence d'une troisième voix

Lors du dernier scrutin provincial en décembre 2008, seulement 57% des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote, un creux historique témoignant d’un décrochage politique important. 

Au gré des élections, le Parti libéral du Québec a indéniablement vu ses appuis s’étioler.  En pourcentage absolu, il semble se maintenir, mais cela ne tient pas compte du taux de participation en chute libre et de l’augmentation sensible du nombre d’électeurs. Cette spirale descendante, le Parti québécois la vit également de manière encore plus notable.  Il perd dans les faits des appuis élection après élection. Son problème n’en est donc pas un de leadership.

Depuis le début des années 90, on retrouve également sur l’échiquier politique québécois l’Action démocratique du Québec. Malgré de bons éléments et des idées qui ont été largement reprises par les deux principaux partis, cette formation n’a pas réussi à représenter une alternative véritable.

Nous nous retrouvons donc en 2011 avec trois formations politiques à l’Assemblée nationale qui recueillent moins de votes qu’elles n’en recueillaient au moment du scrutin de 1998, et ce, malgré la présence de plus de 500 000 nouveaux électeurs.  Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Compte tenu des crises que le PQ traverse à répétition, du désabusement quasi généralisé à l’égard du PLQ et de la stagnation de l’ADQ dans les intentions de vote, on peut conclure qu’aucune formation politique n’est en mesure de  corriger cette situation inquiétante. 

Et que laisse entrevoir l’avenir? Rien susceptible de mobiliser les électeurs de nouveau. D’un côté, on retrouve un Parti libéral incapable de reprendre son souffle après plus de huit années au pouvoir.  Lui qui avait promis une réingénierie de l’État, a plutôt endetté le Québec comme aucun gouvernement ne l’a fait auparavant.

Quant au Parti québécois, ses difficultés résultent du fait que les priorités des Québécois que sont la santé, l’éducation, les finances publiques et la culture sont des domaines relevant en premier lieu du gouvernement du Québec. Ce dernier a conséquemment déjà les pouvoirs requis pour retenir de nouvelles avenues. Le Parti québécois ne peut donc pas prétendre que seule la souveraineté du Québec est la solution pour venir à bout de notre immobilisme.

L’ADQ n’a pas réussi quant à elle à s’imposer dans l’esprit des gens. Il serait étonnant que cet état de fait change dans un avenir prévisible. Bref, le Québec se retrouve définitivement dans un cul-de-sac politique.

La venue d’un nouveau joueur sur la scène politique québécoise est donc bénéfique. Tout au long de sa récente tournée du Québec, on a pu observer l’intérêt qu'a généré la Coalition pour l’avenir du Québec. Il est manifestement trop tôt pour lui prédire quelques succès électoraux que ce soit maintenant qu’elle est devenue un parti politique, mais sa seule présence est susceptible de redonner une voix politique à celles et ceux qui estimaient l’avoir perdue depuis plusieurs années.   

On peut parier que la présence de candidats coalisés lors d’une prochaine élection aura un impact positif sur le taux de participation. Plusieurs électeurs voteront de nouveau après des années d’abstention, certains en faveur de ce nouveau joueur, d’autres pour marquer leur opposition à ses idées, mais dans tous les cas cela servira notre démocratie. 

 

Benoit Charette

Député de Deux-Montagnes

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